Hémiole, évidemment que tout le monde, absolument tout le monde, est légitime pour parler d’un roman !
En fait, je suis assez d’accord avec tout ce qui a été écrit ici. C’est vrai que c’est un roman asphyxiant et c’est même tout le propos puisque le narrateur part du suicide de son père pour remonter le passé familial et comprendre quels silences sur plusieurs générations mènent à la catastrophe finale. Dès le titre on sait que le ver est dans le fruit et la maison vide, je l’ai vue comme un paysage personnel désolé que le narrateur essaie de repeupler pour donner un sens, une explication à la mélancolie. Quant à la dimension fantasmée de ce "recollage de morceaux" d’histoire familiale, je crois qu’elle est complètement assumée puisque l’évocation du passé est en permanence exhibée comme une construction mentale par des modalisations comme "elle dit
sans doute", des retours à la ligne au beau milieu d’une phrase, des conditionnels, etc… Pour moi c’est là qu’est le petit interstice ou la respiration, dans la démarche réparatrice de l’imagination. De la pure tragédie en somme : la catastrophe est totale mais la bonne nouvelle, c’est qu’on peut faire du beau en la racontant
Et comme Alain, j’ai apprécié l’articulation de l’intime à l’Histoire et au politique, comme dans un beau roman classique du XIXème siècle (peut-être aussi ce que tu écris Claudia dans ton dernier message).
Hémiole a écrit : mardi 8 sept. 2026 21:30
! C'est cela qui manque : pas d'énergie alternative
(même pas vraiment le piano), pas d'interstices dans lesquels la vie s'infiltre malgré tout.
Marie-Ernestine qui joue dans une pièce fermée, c’est presque une métaphore de la parole qui ne se partage pas et c’est l’origine de la tragédie familiale … Mais à la toute fin du livre, quelqu’un appuie sur une touche et cela produit un son
