Bien rentrée aussi, avec des alternances de pluie et de soleil et des ciels magnifiques au dessus des monts d'Auvergne.
Oui, cette édition était une belle réussite (encore un immense merci à nos fantastiques organisateurs et créateurs de programme) et j'ai, moi aussi, la tête pleine de musique et le cœur tout réchauffé d'amitié après ces merveilleux moments partagés.
Merci Claudia pour tes mots si gentils.
Je vous dois donc des excuses pour mon annonce inconsidérée : je croyais très innocemment que tout le monde avait étudié ce poème au collège ou au lycée : mea culpa !!
Il s'agit donc du poème intitulé "Aube" d'Arthur Rimbaud qui fait partie du recueil Les Illuminations.
Je vous en redonne le texte ici :
J'ai embrassé l'aube d'été.
Rien ne bougeait encore au front des palais. L'eau était morte. Les camps d'ombre ne quittaient pas la route du bois.
J'ai marché, réveillant les haleine vives et tièdes, et les pierreries regardèrent, et les ailes se levèrent sans bruit.
La première entreprise fut, dans le sentier déja empli de frais et blêmes éclats, une fleur qui me dit son nom.
Je ris au wasserfall blond qui s'échevela à travers les sapins : à la cime argentée je reconnus la déesse.
Alors je levai un à un les voiles. Dans l'allée en agitant les bras. Par la plaine où je l'ai dénoncée au coq.
À la grand' ville elle fuyait parmi les clochers et les dômes, et courant comme un mendiant sur les quais de marbre, je la chassais.
En haut de la route, près d'un bois de lauriers, je l'ai entourée avec ses voiles amassés, et j'ai senti un peu son immense corps.
L'aube et l'enfant tombèrent au bas du bois.
Au réveil il était midi.
Arthur Rimbaud