Merci Hémiole et Claudia pour avoir pris le temps d'écouter ces interprétations et de partager vos impressions et commentaires.
Ce morceau tient effectivement une place très importante pour moi. Trois ans avant d'acheter le Pleyel et de me remettre au piano, je suis allée au concert de Yundi Li, une amie qui apprécie tous les arts m'a proposé d'y aller ensemble. J'ai beaucoup aimé le concert, mais à l'époque le monde du Piano et les pianistes me semblaient un monde à laquelle je n'appartenais pas de tout, "j'ai joué quand j'étais jeune" je disais. J'avais toujours un synthé que mon père m'a offert quand je suis partie de la maison mais ça ne m'apportait pas beaucoup de plaisir surtout que le clavier était réduit. L'amie m'a offert le premier album de Yundi Li après, je ne sais plus quand mais peu de temps après le concert. C'était en écoutant l'album que j'ai entendu ce morceau pour la première fois, ça m'a fait un effet extraordinaire, pour la première fois j'étais saisi par un gros coup de cœur possessif : c'est tellement beau, je veux jouer ça ! Je pense sincèrement qu'avant ce moment là, ça ne m'a jamais traversé l'esprit de penser "ah c'est beau et c'est plus fort que moi, je
veux alors peut-être qu'un jour je
peux arriver à jouer ce que j'entends". Je n'avais pas encore mon piano.
Quand j'ai entendu l'interprétation par Marie João Pires, j'étais en admiration complète et profonde. Chaque note avait le timbre, la nuance, la durée, le volume qu'il fallait, elle infuse le moindre détail avec un sens. En reprenant le morceau, j'ai écouté plusieurs fois en me disant que son interprétation devait être mon modèle mais j'en suis trop loin et j'ai abandonné l'idée d'émulation...
Pendant le concours Chopin, j'étais frappé par
un commentaire de Chantal sur
l'interprétation par Shiori KUWAHARA. Du coup à ce moment là, j'ai écouté avec l'attention son Largo, qui était soigné et bien joué mais comme Chantal, je ne reste pas avec elle, je décroche. Au début je pensais que c'était simplement que son tempo général était plus lent, mais le temps pris est le même que l'interprétation de Pires, par exemple, alors je crois que c'était comment elle prend son temps qui ne m'allait pas. Je me souviens que Hémiole a beaucoup aimé Kuwahara, j'imagine que son interprétation du Largo a fait un effet différent, comme Yundi.
Par contre, mon impression à l'interprétation de Kissin était similaire des interprétations exprimées par Chantal et par Hémiole -
Chantal a écrit :Je n'ai pas du tout aimé Kissin : trop fort, main gauche trop présente à mon goût, pas assez de délicatesse dans le toucher. Bref, ce n'est pas MON Chopin. (Et ce n'est pas l'Ecole Russe qui est en cause, car j'aime bien Emil Gilels dans cette sonate).
Hémiole a écrit : mercredi 21 janv. 2026 23:12
choisit l'emphase pour passer cet obstacle mais pour moi ça trahit l'oeuvre et c'est limite lourdingue.
- mais je trouve que différemment que les interprétations du concours de Chopin, il donne sa vision très distincte, une affirmation de son style, même si ça ne nous convient pas de tout, il "interprète". Peut-être que c'est pourquoi s'il y a une des trois interprétations qui ressemblent à l'interprétation de Kuwahara, je dirais que l'interprétation de Yundi Li, il y a une neutralité ou une sobriété que le concours impose, si on veut gagner...
Voilà, je ne sais pas si mes remarques vous "parlent"...
