La playlist du Pianautilus
Re: La playlist du Pianautilus
Vincent, comment réussis -tu à être aussi touchant et aussi stupide dans le même post ?
Re: La playlist du Pianautilus
Sans doute parce que je suis resté un grand ado... 
- Chantal
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Re: La playlist du Pianautilus
Plus de 2 mois sans rien ajouter à la playlist
Aujourd'hui, je voudrais vous faire écouter une œuvre d'un compositeur né en 1810……………… Non, non, ce n'est pas Chopin… car si, comme moi, vous avez suivi le Concours (Chopin), vous devez certainement friser l'overdose de ses œuvres (et il vous faudra bien 5 ans, jusqu'au prochain Concours, pour vous en remettre
J'ai été longtemps intriguée par le nom donné par Schumann à son œuvre, jusqu'à ce que je découvre qu'elle lui avait été inspirée par un recueil de nouvelles de l'écrivain romantique Ernst Theodor Amadeus Hoffmann (mais oui, celui des "Contes" qui inspira à Offenbach son opéra, "les Contes d'Hoffman"), intitulé "Kreisleriana" qui relate les aventures du maître de chapelle Johannès Kreisler.
Je vous propose d'écouter la 8ème et dernière pièce des Kreisleriana de Schumann, "Schnell und spielend" (rapide et espiègle) dans deux interprétations très différentes, mais que j'aime beaucoup, et que j'ai beaucoup de mal à départager.
La première interprétations est celle de Grigory Sokolov, captée lors du concert donné en décembre 2021 dans la Salle des Droits de l'Homme du Palais des Nations à Genève
La seconde interprétation est celle de Daniil Trifonov, captée lors d'un concert au Carnegie Hall de New York en décembre 2016 (je trouve que dans cette pièce, Trifonov a fait un très gros travail sur le son)
En les réécoutant ce matin, c'est celle de Sokolov que j'ai préférée. Et vous, laquelle préférez-vous ?
Re: La playlist du Pianautilus
Sokolov ! Très nettement. Son interprétation garde complètement l'esprit espiègle et crépitant de la pièce.
Trifonov, en alourdissant bien trop (à mon goût) la main gauche, et où il donne une dimension brumeuse, presque fantomatique à la main droite, rend la pièce quasi tragique mais trahit ainsi à mon sens le côté "schnell und spielend" que lui a attribué Schumann.
Curieusement, Sokolov semble incarner un jeu à la Florestan, là où Trifonov endosse l'habit d'Eusebius..
Trifonov, en alourdissant bien trop (à mon goût) la main gauche, et où il donne une dimension brumeuse, presque fantomatique à la main droite, rend la pièce quasi tragique mais trahit ainsi à mon sens le côté "schnell und spielend" que lui a attribué Schumann.
Curieusement, Sokolov semble incarner un jeu à la Florestan, là où Trifonov endosse l'habit d'Eusebius..
- Chantal
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Re: La playlist du Pianautilus
Merci pour ta réponse, Vincent !
Mais pour moi, ce serait plutôt l'inverse : Sokolov = Eusebius et Trifovov = Florestan. Eusébius, c'est le doux, le rêveur, le poète tandis que Florestan est le tourmenté, l'impétueux. Je le trouve un peu diabolique dans cette pièce, Trifonov.
Tragique, tu trouves ? Je dirais plutôt inquiétante, angoissante.
Joli !Vincent a écrit : vendredi 7 nov. 2025 18:26 Curieusement, Sokolov semble incarner un jeu à la Florestan, là où Trifonov endosse l'habit d'Eusebius..
Mais pour moi, ce serait plutôt l'inverse : Sokolov = Eusebius et Trifovov = Florestan. Eusébius, c'est le doux, le rêveur, le poète tandis que Florestan est le tourmenté, l'impétueux. Je le trouve un peu diabolique dans cette pièce, Trifonov.
Re: La playlist du Pianautilus
Oui, aussi. Ce que je disais aussi par le côté fantômatique de la main droite. Une interprétation hantée, d'une certaine façon.Chantal a écrit : samedi 8 nov. 2025 13:34 Tragique, tu trouves ? Je dirais plutôt inquiétante, angoissante.
C'est marrant, j'ai tout suite vu (entendu) cette dualité entre les deux interprétations mais je me suis longtemps posé la question "qui est qui" avant d'écrire. Mais je persiste quand même dans ma propre association, inverse de la tienne : Florestan l'espiègle, rêveur certes mais joyeux et extraverti (et, en effet, impétueux), ce qui ressort bien dans l'interprétation de Sokolov.Chantal a écrit : samedi 8 nov. 2025 13:34 Mais pour moi, ce serait plutôt l'inverse : Sokolov = Eusebius et Trifovov = Florestan. Eusébius, c'est le doux, le rêveur, le poète tandis que Florestan est le tourmenté, l'impétueux. Je le trouve un peu diabolique dans cette pièce, Trifonov.
Et Eusebius, l'introverti hanté par ses démons intérieurs, qui lui transparaît bien (à mes oreilles) dans celle de Trifonov.
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Re: La playlist du Pianautilus
Merci Chantal pour cette proposition.
Du coup j'ai réécouté l'intégralité de l'œuvre par ces deux immenses interprètes. Je connaissais déjà la vidéo de Sokolov écoutée maintes fois pendant la période difficile de sortie d'épidémie et son interprétation m'avait impressionnée, je l'ai trouvée (et encore aujourd'hui) pleine de douleur, de réconciliation et de tendresse.
La version de Daniil Trifonov est impressionnante aussi et tout aussi magnifique. Elle bénéficie d'une prise de son remarquable et il y a des moments effectivement "démoniaques" (je regarde peu, j'écoute au casque tout en travaillant). mais aussi des balbutiements d'enfant enchanté, des pas de côté hésitants, une richesse émotionnelle vraiment époustouflante.
Je ne préfère ni l'une ni l'autre, ou plutôt je les préfère toutes les deux,
elles sont toutes deux merveilleuses.
edit : cela dit, en réécoutant le fragment proposé dans chaque version, j'ai aussi regardé la partition, qui dit, pour la main gauche, si je me souviens bien, "léger et libre" (je ne suis plus chez moi donc je n'ai plus la partition sous les yeux). Trifonov a donc une lecture plutôt personnelle de cette voix grave.
Du coup j'ai réécouté l'intégralité de l'œuvre par ces deux immenses interprètes. Je connaissais déjà la vidéo de Sokolov écoutée maintes fois pendant la période difficile de sortie d'épidémie et son interprétation m'avait impressionnée, je l'ai trouvée (et encore aujourd'hui) pleine de douleur, de réconciliation et de tendresse.
La version de Daniil Trifonov est impressionnante aussi et tout aussi magnifique. Elle bénéficie d'une prise de son remarquable et il y a des moments effectivement "démoniaques" (je regarde peu, j'écoute au casque tout en travaillant). mais aussi des balbutiements d'enfant enchanté, des pas de côté hésitants, une richesse émotionnelle vraiment époustouflante.
Je ne préfère ni l'une ni l'autre, ou plutôt je les préfère toutes les deux,
edit : cela dit, en réécoutant le fragment proposé dans chaque version, j'ai aussi regardé la partition, qui dit, pour la main gauche, si je me souviens bien, "léger et libre" (je ne suis plus chez moi donc je n'ai plus la partition sous les yeux). Trifonov a donc une lecture plutôt personnelle de cette voix grave.
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Re: La playlist du Pianautilus
Merci Chantal.
J'aime les deux mais je préfère l'interprétation de Trifonov, plus varié et théatrale surtout la partie au milieu qui m'inspire et me parle bien plus.
J'aime les deux mais je préfère l'interprétation de Trifonov, plus varié et théatrale surtout la partie au milieu qui m'inspire et me parle bien plus.
Re: La playlist du Pianautilus
Bonsoir par ici
J’ai suivi les deux propositions et sans faire l’experte, je penche beaucoup plus pour Trifonov aussi.
Non pas pour les mêmes raisons forcément. Je le trouve plus précis et plus … comment dire, rythmique. Ses interprétations sont plus faciles à imiter que celles de Sokolov
Peut être que ce n’est que l’avais d’une débutante. C’est possible qu’avec le temps, mon opinion change. Mais pour le moment, le voilà
J’ai suivi les deux propositions et sans faire l’experte, je penche beaucoup plus pour Trifonov aussi.
Non pas pour les mêmes raisons forcément. Je le trouve plus précis et plus … comment dire, rythmique. Ses interprétations sont plus faciles à imiter que celles de Sokolov
Peut être que ce n’est que l’avais d’une débutante. C’est possible qu’avec le temps, mon opinion change. Mais pour le moment, le voilà
- Chantal
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Re: La playlist du Pianautilus
Je vous livre ma découverte du jour, toute fraîche : la vidéo a été mise en ligne aujourd'hui.
Il s'agit du concerto pour piano "Snowstorm on Mount Paektu" du compositeur et chef d'orchestre Nord-Coréen Han Young Sang. Je n'ai rien trouvé sur la Toile concernant le compositeur. Tout ce que je sais (en lisant le texte de présentation de la vidéo), c'est qu'il est né en 1954 et qu'il a étudié au Collège de Musique de Pyongyang et au Conservatoire de Berlin-Est. Ce concerto aurait été écrit probablement après 1986 et avant 2000, mais on ne connait pas la date exacte de sa création.
Il est inrerprété ici par Kang Myong Hye au piano et l'Orchestre Symphonique d'État de la Corée du Nord dirigé par Kim Jong Gyun.
Le début m'a fait penser au Concerto de Varsovie du compositeur britannique Addinsell. D'ailleurs, en creusant un peu, on peut trouver des analogies entre les deux concertos. Tout d'abord, leur durée : tous les deux durent moins de 10 mn. Ensuite, le Concerto de Varsovie a été composé pour un film de 1941 traitant de la lutte des Polonais contre l'invasion nazie en 1939. Le Concerto "Snowstorm on Mount Paektu" s'inspire d'une chanson, populaire en Corée du Nord, qui retrace la lutte des Nord-Coréens contre l'envahisseur Japonnais à la fin des années 1930.
Bonne écoute
!
En plus vous avez la partition qui défile ! Si l'envie vous prend de le déchiffrer… (Pas pour moi, ça dépasse — et de loin — mes capacités pianistiques
)
Il s'agit du concerto pour piano "Snowstorm on Mount Paektu" du compositeur et chef d'orchestre Nord-Coréen Han Young Sang. Je n'ai rien trouvé sur la Toile concernant le compositeur. Tout ce que je sais (en lisant le texte de présentation de la vidéo), c'est qu'il est né en 1954 et qu'il a étudié au Collège de Musique de Pyongyang et au Conservatoire de Berlin-Est. Ce concerto aurait été écrit probablement après 1986 et avant 2000, mais on ne connait pas la date exacte de sa création.
Il est inrerprété ici par Kang Myong Hye au piano et l'Orchestre Symphonique d'État de la Corée du Nord dirigé par Kim Jong Gyun.
Le début m'a fait penser au Concerto de Varsovie du compositeur britannique Addinsell. D'ailleurs, en creusant un peu, on peut trouver des analogies entre les deux concertos. Tout d'abord, leur durée : tous les deux durent moins de 10 mn. Ensuite, le Concerto de Varsovie a été composé pour un film de 1941 traitant de la lutte des Polonais contre l'invasion nazie en 1939. Le Concerto "Snowstorm on Mount Paektu" s'inspire d'une chanson, populaire en Corée du Nord, qui retrace la lutte des Nord-Coréens contre l'envahisseur Japonnais à la fin des années 1930.
Bonne écoute
En plus vous avez la partition qui défile ! Si l'envie vous prend de le déchiffrer… (Pas pour moi, ça dépasse — et de loin — mes capacités pianistiques